Il y a ceux qui voient le verre à moitié vide, et les autres… Pourquoi considérer que l’usage du VAE (Vélo à Assistance Électrique) n’est pas un sport quand cette machine remet en selle des cyclistes ? Voici le témoignage d’un cyclosportif de toujours : Jean-Claude Arens.

Jean Claude Arens 70 ans,  45 ans de pratique, 2 tours de France solitaires, de nombreux brevets montagnards à son actif, un Paris-Brest-Paris et surtout 175 cyclosportives (dont 15 Marmotte) toutes terminées sauf une, une Bernard Hinault sur chute… Jean-Claude Arens c’est aussi un organisateur, il a été le créateur des Trois Ballons, puis du Raid Extreme Vosgien (douzième édition les 4 et 5 juillet 2020) et désormais du Grand Huit Vosgien (quatrième édition le 11 juillet 2020). Après avoir connu des problèmes personnels qui l’ont éloigné du vélo quelques années, un cancer a été diagnostiqué, lui “interdisant” quasiment la pratique cycliste. Il témoigne de son passage au VAE :

Retour dans le peloton…

Avec le traitement de mon cancer j’ai pris 25 kg. Je n’arrivais plus à rouler de façon plaisante en Haute-Saône. Chaque sortie était une punition, même sur le plat, j’avais la sensation de me trainer et de pousser le vélo. Alors les montées, n’en parlons pas… J’avais perdu l’envie de rouler, je ne voyais plus mes amis de club, je perdais le goût de tout. J’ai commencé à re-rouler avec un VTT VAE, mais le tout-terrain ce n’est pas mon truc et sur la route, même avec des pneus adaptés ce n’était pas ça. Quand les premiers VAE de route sont sortis je me suis dit c’est cela qu’il me faut !

Un vélo de course avec assistance. Enfin !

Wilier Cento Hybrid de Jean-Claude Arens au sommet du col des Croix
Le VAE de route permet à Jean-Claude Arens de continuer à rouler sur ses routes et à gravir ses cols ! Il ne cherche pas épater la galerie, mais simplement à retrouver du plaisir. Crédit JC Arens

Avec mon Wilier Cento 1 Hy, je refais des cols, des sorties collectives. Le cycliste que j’étais revit, au moins moralement. Mais il ne faut pas croire que c’est tranquille comme pratique, car sur le plan cardiovasculaire je force autant qu’avant. Mais je roule plus vite que ce que mon corps permet seul, mais nettement moins que ce que je pouvais faire avant, c’est tout. J’effectue ainsi des sorties de 80/100 km avec 1 200 m de dénivelée. La seconde batterie me permettra de faire des sorties plus longues. Je retrouve la joie de grimper, de descendre. J’aime la montagne et j’en étais de fait exclu, le VAE me permet d’y retourner. J’ai de nouveau des sensations. Ce n’est pas tricher, tout le monde voit que mon vélo est assisté et des cyclistes en forme peuvent me lâcher sans problème. Sur le plat physiquement je ne vais pas au dessus de 25 km/h et en montée je suis mes compagnons de route, mais je reste limité par mon physique. Le moteur coupe de toutes façons à 250 w, il ne reste plus beaucoup de puissance pour « voler », quand on a des kilos supplémentaire à trainer en plus de ceux de son vélo. Car si mon Wilier est assez léger avec ses deux batteries il atteint quand  les 13,8 kg soit le double d’un vélo de montagne… Le VAE me permet de continuer à parcourir mes routes des Vosges, côtoyer mon club, le CC Froideconche dont je suis président, profiter de la nature. Vivre quoi… »

Wilier Cento Hybrid de Jean-Claude Arens au sommet de la Madelmoc
Jean-Claude Arens continue à grimper avec son VAE, même loin des Vosges comme ici à la Madeloc près d’Argelès. Crédit Jean-Claude Arens

Au mois de septembre 2019, Jean-Claude nous faisait part de sa pratique du VAE et de ce qu’elle lui apportait dans sa lutte contre la maladie. Il est malheureusement décédé le 31 octobre 2019. Le cyclisme a été une de ces grandes passions…